Ce que vous allez découvrir
Rédigé par La Savonnerie de Nyons, atelier de Nyons (Drôme provençale) · Mis à jour le 24 septembre 2026
La composition du savon de Marseille tient en quatre ingrédients : des huiles végétales, de la soude, de l’eau et du sel. Rien d’autre dans la recette traditionnelle : ni parfum, ni colorant, ni conservateur.
Le chiffre « 72 % » gravé sur le cube, la couleur verte ou blanche, la liste INCI au dos de l’emballage : tout cela se lit en quelques secondes quand on sait quoi chercher. Ce guide explique ce que contient un vrai savon de Marseille, d’où vient la règle, comment la recette se fabrique au chaudron, et ce que disent les étiquettes de nos propres cubes.
Vous cherchez directement un cube à l’olive, un cube naturel ou des copeaux pour le linge ?
La composition du savon de Marseille en quelques points clés
- Quatre ingrédients : huiles végétales, soude, eau, sel marin. La glycérine parfois listée n’est pas ajoutée, c’est un résidu de la saponification.
- 72 % d’huile : au moins 72 % d’acides gras d’origine végétale dans le savon fini, le reste étant de l’eau et du sel.
- Vert ou blanc : la couleur vient uniquement de l’huile. Vert pour l’olive, blanc ou crème pour le coprah et la palme.
- Aucun additif : pas de parfum, pas de colorant, pas de conservateur, pas de graisse animale.
- Pas une appellation protégée : « savon de Marseille » désigne un procédé, pas une origine. L’étiquette est votre seule garantie.
Les quatre ingrédients du savon de Marseille
Un savon est le résultat d’une réaction chimique simple, la saponification : une matière grasse rencontre une base forte, et la rencontre produit du savon et de la glycérine. Le savon de Marseille applique cette réaction à une liste d’ingrédients réduite au strict nécessaire.
Les huiles végétales
C’est le cœur de la recette et la seule matière grasse admise dans la tradition marseillaise. L’huile d’olive est l’huile historique, celle de l’édit royal de 1688. Depuis le XIXe siècle, les savonneries emploient aussi l’huile de coprah (tirée de la noix de coco) et l’huile de palme, arrivées par le port de Marseille.
Sur une liste INCI, ces huiles apparaissent sous leur nom saponifié : sodium olivate pour l’olive, sodium cocoate pour le coprah, sodium palmate pour la palme. La présence de sodium tallowate, en revanche, signale une graisse animale : un savon qui en contient n’est pas un savon de Marseille traditionnel.
La soude
L’hydroxyde de sodium (sodium hydroxide) est la base qui transforme l’huile en savon. Historiquement, les savonniers marseillais la tiraient des cendres de plantes des marais salants ; depuis le début du XIXe siècle, elle est produite industriellement à partir de sel marin. Dans un savon bien lavé, il n’en reste rien : la soude est entièrement consommée par la réaction, puis rincée.
L’eau
Elle sert de solvant à la soude et de milieu à la réaction. Une partie reste dans le savon fini : c’est le « reste » des 28 % qui complètent les 72 % d’huile.
Le sel marin
Le chlorure de sodium (sodium chloride) intervient pendant la fabrication : ajouté à la pâte, il fait remonter le savon et entraîne vers le fond la soude en excès et les impuretés. Il participe aussi à la dureté du cube.
Et la glycérine ?
Elle se forme naturellement pendant la saponification. Dans le procédé marseillais traditionnel, les lavages successifs de la pâte l’éliminent presque entièrement : il n’en reste que des traces, de l’ordre de 1 %. La réglementation cosmétique impose de mentionner tout ingrédient présent, même à l’état de trace, d’où la ligne glycerin sur certaines étiquettes.
Quelques savonneries ont mis au point un procédé qui conserve cette glycérine dans le savon ; c’est un choix technique différent, pas un ajout.
Que veut dire « 72 % d’huile » ?
La mention « extra pur, 72 % d’huile » signifie que le savon fini contient au moins 72 % d’acides gras provenant d’huiles végétales, et au plus 28 % d’eau et de sel. Ce standard a été fixé en 1906 par le chimiste François Merklen pour garantir la qualité du cube marseillais, à une époque où la ville comptait une centaine de savonneries.
Plus la teneur en huile est élevée, plus le savon est dur, plus il dure, et moins il se délite dans le porte-savon. Le chiffre est frappé sur le cube lui-même, avec le nom de la savonnerie. C’est le premier repère à vérifier.
À retenir en une phrase : 72 % d’huile, 28 % d’eau et de sel, aucun additif, et le tout frappé sur les six faces du cube avec le nom de la savonnerie. Si l’un de ces repères manque, lisez l’étiquette deux fois.
Vert ou blanc : la couleur dit l’huile
Un vrai savon de Marseille ne contient aucun colorant. Sa teinte vient donc uniquement de l’huile qui le compose, et elle renseigne sur la recette avant même de lire l’étiquette.
Le cube vert : huile d’olive, l’odeur d’huile brute, la recette de 1688.
Le cube blanc : huile de palme et de palmiste, la mousse du linge.
| Critère | Cube vert | Cube blanc |
|---|---|---|
| Huile dominante | Huile d’olive, souvent complétée de coprah | Huile de coprah et/ou de palme |
| INCI type | Sodium olivate, sodium cocoate, aqua, sodium chloride, sodium hydroxide | Sodium palmate, sodium palm kernelate, aqua, sodium chloride, sodium hydroxide |
| Teinte | Du vert olive au brun | Blanc à crème |
| Usage habituel | Toilette du corps, du visage et des mains | Linge, taches, entretien de la maison, toilette |
Le cube vert est celui de l’édit de Colbert, et son odeur d’huile d’olive brute est reconnaissable. Le cube blanc, apparu avec les huiles tropicales du XIXe siècle, mousse davantage et se prête bien aux copeaux de savon de Marseille pour la lessive.
Une couleur rose, bleue ou jaune vif, ou une odeur de lavande, d’amande ou de citron, indiquent un savon parfumé ou coloré : ce peut être un très bon savon, mais ce n’est plus un savon de Marseille au sens traditionnel.
Une recette fixée par la loi, puis par un code
La composition du savon de Marseille n’est pas une tradition orale : elle a été écrite, plusieurs fois, avec des exigences qui ont évolué.
- 1688 : l’édit de Colbert. Le 5 octobre 1688, un édit de Louis XIV réserve la fabrication du savon aux huiles d’olive pures et interdit toute graisse, sous peine de confiscation. C’est l’acte de naissance de la recette « olive, soude, eau, sel ».
- 1809 : la soude artificielle. Privés des soudes naturelles importées d’Espagne, les savonniers passent, sous Napoléon, à une soude produite chimiquement à partir de sel marin. À partir de 1820 environ, les huiles de palme, de coprah, d’arachide et de sésame viennent compléter l’olive.
- 1906 : le 72 %. François Merklen fixe la formule du cube « extra pur ».
- 2011 : l’Union des professionnels du savon de Marseille. Quatre savonneries historiques créent l’UPSM et déposent un logo. Leur cahier des charges exige trois choses : des matières premières exclusivement végétales sans parfum, colorant ni conservateur ; une cuisson au chaudron selon le procédé marseillais ; une fabrication dans les Bouches-du-Rhône.
Il faut savoir une chose en plus : « savon de Marseille » n’est ni une appellation d’origine ni une indication géographique protégée. Un code de bonnes pratiques professionnel, reconnu par la DGCCRF en 2003, définit l’appellation par le seul procédé de fabrication, avec un seuil de 63 % d’acides gras, et sans exiger que le savon soit fabriqué à Marseille.
C’est ce qui explique que des cubes estampillés « Marseille » soient produits très loin de la Provence. Le logo de l’UPSM et la liste des ingrédients restent donc vos deux vrais repères.
Comment la composition prend forme : le procédé marseillais en cinq étapes
Les quatre ingrédients ne suffisent pas ; c’est la cuisson qui fait le savon de Marseille. Le procédé marseillais se déroule au chaudron, à environ 120 °C, sur une semaine à dix jours selon le cahier des charges de l’UPSM.
- L’empâtage : les huiles et la soude sont mélangées et chauffées dans le chaudron. La saponification démarre.
- Le relargage : du sel marin est ajouté. Le savon, insoluble dans l’eau salée, remonte ; la soude en excès et la glycérine descendent.
- La cuisson : la pâte cuit plusieurs jours pour que la totalité des huiles soit transformée en savon. C’est ce qui évite qu’un reste d’huile ne rancisse.
- Le lavage : plusieurs rinçages à l’eau salée éliminent la soude, les impuretés et les acides gras non saponifiés. C’est de là que vient la mention « extra pur ».
- La liquidation : un dernier passage à l’eau claire donne à la pâte sa texture lisse. Elle est ensuite coulée, séchée à l’air, découpée puis frappée sur ses six faces.
Ce cycle explique la composition finale : un savon sans soude libre, presque sans glycérine, et dont la dureté vient à la fois de la teneur en huile et du séchage.
Lire l’étiquette de nos trois cubes
Chez La Savonnerie de Nyons, au pays de l’olive de la Drôme provençale, nous vendons trois cubes de 300 g fabriqués en Provence. Plutôt que de vous dire qu’ils sont tous « authentiques », nous préférons vous montrer leurs listes d’ingrédients. C’est exactement le réflexe que ce guide vous recommande d’avoir en magasin.
- Cube Savon de Marseille Olive 300 g : sodium olivate, aqua, sodium cocoate, sodium chloride, sodium hydroxide. C’est la recette verte : au minimum 72 % d’un mélange d’huile d’olive et d’huile de coco, sans parfum ni colorant. Cinq lignes sur l’étiquette, les cinq attendues.
- Cube Savon de Marseille Naturel 300 g : sodium palmate, aqua, sodium palm kernelate, sodium chloride, sodium hydroxide. C’est la recette blanche, à base d’huile de palme et de palmiste, avec le même minimum de 72 % d’huile, sans parfum ni colorant. Sa mousse plus abondante en fait le cube de la lessive et des taches, et il convient aussi à la toilette.
- Cube Savon de Marseille Lavande 300 g : base de savon de palme et de palmiste, avec de la glycérine, un parfum et deux colorants. Cette liste est plus longue, et c’est normal : c’est un savon parfumé fabriqué sur une base de savon de Marseille, au sens strict un produit dérivé. C’est pourquoi nous le proposons aussi parmi nos savons ménagers, pour le linge et les armoires.
Cette transparence a un sens pour nous. Nyons vit de l’olive depuis des siècles (nous en parlons dans notre article sur Nyons, capitale de l’olive), et la première chose qu’on apprend au contact de ce produit, c’est qu’une huile ne se cache pas : elle se lit dans la couleur, dans l’odeur et sur l’étiquette.
La composition du savon de Marseille en 6 questions
Des huiles végétales (olive, coprah ou palme), de la soude, de l’eau et du sel marin. Sur l’étiquette, cela se lit sous la forme sodium olivate ou sodium palmate, aqua, sodium chloride, sodium hydroxide. Une liste qui dépasse cinq ou six lignes, ou qui contient un parfum, un colorant ou un sodium tallowate, n’est pas celle d’un savon de Marseille traditionnel.
Que le savon fini contient au moins 72 % d’acides gras issus d’huiles végétales, le reste étant de l’eau et du sel. Ce standard, fixé en 1906, est frappé directement sur le cube avec le nom de la savonnerie. C’est le repère d’un savon dur, qui dure longtemps et se délite peu.
Uniquement l’huile utilisée, puisqu’un vrai savon de Marseille n’a pas de colorant. Le vert vient de l’huile d’olive, le blanc ou crème de l’huile de coprah ou de palme. Le vert est traditionnellement réservé à la toilette, le blanc est apprécié pour le linge parce qu’il mousse davantage, mais les deux conviennent pour se laver les mains.
Quatre vérifications : une liste INCI de quatre à six lignes sans parfum, colorant ni graisse animale ; la mention « 72 % d’huile » et le nom de la savonnerie frappés sur le cube ; une couleur verte, beige ou blanche et une odeur d’huile brute ; et, pour les savonneries membres de l’UPSM, le logo de l’Union des professionnels du savon de Marseille. L’appellation n’étant pas protégée, aucun de ces repères ne remplace la lecture de l’étiquette.
Il en produit pendant la saponification, mais le procédé marseillais traditionnel l’élimine presque entièrement lors des lavages : il n’en reste que des traces, de l’ordre de 1 %, que la réglementation cosmétique oblige à mentionner. La glycérine n’est jamais ajoutée dans la recette authentique, contrairement aux savons dits « glycérinés ».
La base alcaline et la texture. Le savon de Marseille est saponifié à la soude et donne un savon dur ; le savon noir est saponifié à la potasse et reste mou ou liquide. Le premier sert à la toilette et au linge, le second surtout au ménage et au gommage. Notre guide comparatif Alep, Marseille, savon noir détaille les trois recettes.
L’essentiel à retenir
La composition du savon de Marseille est l’une des plus courtes de toute la cosmétique : des huiles végétales, de la soude, de l’eau, du sel, et une cuisson au chaudron qui transforme ces quatre ingrédients en un cube dur, sans soude libre et presque sans glycérine. Le « 72 % » dit la teneur en huile, la couleur dit laquelle, et la liste INCI dit tout le reste.
Comme l’appellation n’est pas protégée, c’est cette liste qu’il faut lire avant d’acheter, où que vous achetiez. Pour comparer cette recette à celles du savon d’Alep et du savon noir, le guide des trois savons traditionnels lié dans la question précédente prend le relais ; et pour choisir entre le cube vert, le cube blanc et les copeaux, notre collection Savons de Marseille rassemble les trois formats.









